Jusqu’au bout de la route.

C’était une idée qu’on avait eue, on ne se rappelle plus quand ou dans quelles circonstances mais une choses était sûre : on voulait faire le tour de la Côte-Nord et se rendre jusqu’au bout de la route 138, tous les quatre dans mon van aménagé. 


Il s’agit d’un Ford Econoline E250 1987 avec un toit surélevé qu’un de mes amis et moi avons acheté et réaménagé de A à Z. Elle s’appelle Get-a-Room, ou GaR pour les intimes, elle possède 2 lits escamotables, l’eau courante, l’électricité grâce à deux batteries 12v, un frigo et le plus important : 2 lignes de bière en fût. Parfaites pour les soirées de long roadtrip, pour étancher sa soif au bord du feu.

Tadoussac à Baie-Comeau

On est parti les quatre de Saint-Ephrem-de-Beauce le dimanche, c’est-à-dire de Woodstock en Beauce où on avait passé le week-end. Un peu fatigué à cause des excès, mais tout de même enthousiaste, notre premier arrêt était le Festival de la Chanson de Tadoussac pour voir le spectacle des Chiens de Ruelles le dimanche soir. Le spectacle nous a vraiment redonné de l’énergie grâce à leur incroyable présence sur scène et des chansons telles que « Roadtrip », qui était très appropriées, et « Y Fait Soif » qui l’était tout autant. Le lendemain matin en partant de Tadoussac, on a discuté avec nos voisins de parking pour se rendre compte qu’ils étaient amateurs de bonne bière. On a donc fait un échange gagnant-gagnant : deux Instant de Bonheur contre un pot de caramel salé fait maison. On a dû réécrire à la dame pour lui dire combien son caramel était délicieux. Le lendemain on a profité de la belle ville touristique pour aller à la plage et prendre une bonne bière à la micro de Tadoussac, l’une de nos préférées.

Il fallait ensuite quitter pour que notre roadtrip commence enfin !

On a passé notre première nuit sur le bord de la mer à l’embouchure de la rivière Petits Escoumins. Il y avait déjà une roulotte à cet endroit, on a donc décidé de les aborder et la rencontre fut très agréable, particulièrement avec leur chien Chase, notre nouvel ami. On a pêché et partagé quelques Bon Baiser de Prague au bord du feu avant de se coucher et de reprendre la route.

Arrivés à Baie-Comeau, une visite de la microbrasserie St-Pancrace s’imposait. À l’usine, on a été accueillis chaleureusement par Pierre Antoine et André et on a même eu droit à une explosion de houblon, littéralement !  L’incident houblonné sous contrôle dans la brasserie, Pierre-Antoine nous a gentiment offert de passer la nuit sur son terrain, à deux pas du pub de la brasserie. Au pub, on a été reçu comme des rois. Ils sont tellement chaleureux ces Nord-Côtois ! La bière était excellente et la nourriture locale aussi. Mention spéciale à la Baie Cachée (bière sure à la camerise) et au turbot mariné, on a même fini par aller à la poissonnerie où ils s’approvisionnent pour en acheter une chaudière.

La soirée au pub en a été une qu’on n’oubliera pas. Merci à Pierre-Antoine, André et Guillaume pour leur gentillesse.

Baie-Comeau à Havre-Saint-Pierre

Après une journée de magasinage et de réparation mineure sur GaR, on a repris la route pour se diriger vers des sites recommandés par nos amis de St-Pancrace. Premier arrêt : Godbout. On a profité du quai du traversier pour pêcher notre premier repas de poisson frais. Ensuite on s’est dirigé vers Rivière-Pentecôte sur un petit site de camping abandonné sur le bord de la mer. L’avantage avec un van aménagé, c’est qu’on n’a pas besoin de payer d’hébergement. Surtout dans des endroits reculés, tout est accessible et gratuit.

En résumé, c’est à cet endroit qu’on s’est rendu compte que GaR n’était pas étanche aux moustiques ! Le lendemain matin on a été littéralement envahis et recouverts de piqûres, à l’intérieur même du van ! On est donc partis à la hâte vers Sept-Îles pour s’équiper plus adéquatement contre les insectes. En chemin, on est arrêté à la plage de Port-Cartier pour profiter du paysage magnifique et du beau temps qui ne nous lâchait pas. Une journée à flâner et à se remettre de nos émotions de la nuit agitée. Après un passage éclair à Sept-Îles, car il commençait à être tard et on voulait quitter la ville pour se trouver un endroit tranquille où passer la nuit, on est allé vers une autre recommandation qu’on avait eue : Rivière-au-Tonnerre. On se l’était fait dire et on a pu le constater : passé Rivière-Moisie, c’est une autre Côte-Nord qui s’ouvre à nous. Il y a de moins en moins de gens et les sites à camper sur le bord de la mer sont plus faciles à trouver. C’est ainsi qu’on a suivi un petit chemin de VTT à Rivière-au-Tonnerre pour aboutir à un site absolument incroyable. Une grande plage de sable fin, en partie rouge, sur le bord de la mer, entourée de cap rocheux. Isolé, intime, parfait. Tellement parfait qu’on a décidé d’y rester deux nuits. À notre arrivée, on a eu droit à un spectacle de baleines. Elles étaient si proches c’en était renversant. Le soir, on a fait un feu avec le bois de plage et on s’est endormi les quatre au bruit des vagues et du feu qui crépite. On a d’ailleurs été réveillé par la marée qui s’approchait de notre lit improvisé et on a dû retourner à la van pour finir notre nuit, mais quel bonheur c’était !

Le lendemain était une journée de pêche, d’expédition, de phoques et de bonheur. La Côte-Nord dans ce qu’elle a de mieux à offrir. On en a profité pour jouer de la guitare et du ukulélé. Journée parfaite avec des gens parfaits.

Le lendemain une fois le sable enlevé de toutes nos affaires, on a été mangé à Havre-Saint-Pierre au restaurant Chez Julie pour un savoureux repas de fruits de mer, recommandation d’un ami de Tadoussac, et on n’a pas été déçu. 

Jusqu’au bout de la route...

Notre prochain site de rêve pour camper sur le bord de la mer se trouvait à Baie-Johan-Beetz, dernier arrêt avant Natashquan et Kegaska. Superbe bord de mer rocheux, site municipal avec table de pique-nique et vue imprenable sur la mer, qui était de plus en plus agitée. Le lendemain on entamait la dernière partie de la route 138. À Aguanish, on a été accueilli chaleureusement par une sympathique employée du poste d’information touristique, pour se rendre ensuite à Natashquan. Petite ville charmante et festive où nous sommes passés en coup de vent. La route entre Natashquan et Kegaska est très particulière puisqu’elle existe seulement depuis 2013. Elle a la particularité d’être en gravel sur environ 50 km, et d’être bordée par un paysage de toundra alpine extrêmement dépaysant. Le minuscule village de Kegaska n’avait rien de particulier à part la mythique pancarte « 138 Fin », mais on était quand même heureux et remplis d’un sentiment d’accomplissement d’y être allé. Quelle belle route !

Le retour

Heureusement nos aventures n’étaient pas encore terminées, il nous restait encore une bonne semaine pour revenir voir ce qu’on avait manqué à l’aller. Direction Havre-Saint-Pierre à nouveau pour notre seule réservation et notre seule activité planifiée du voyage : une expédition et une nuit de camping sur les îles Mingan. Malheureusement la mer étant trop agitée, notre bateau a annulé les sorties de la journée et notre horaire ne nous permettait pas de rester une autre nuit pour réessayer le lendemain. Déçu, on a décidé de retourner à Rivière-au-Tonnerre, où un nouveau site paradisiaque sur le bord de la mer nous attendait. Réveil au paradis encore une fois, mais pas pour tout le monde. L’une de nos amis s’est réveillé avec une otite, on a donc dû aller à l’hôpital de Sept-Îles pour régler la situation. L’attente était interminable à l’urgence (c’est le seul endroit où aller malheureusement), mais dans le malheur, ça nous a permis de découvrir une magnifique auberge de jeunesse près de l’hôpital où on a pu faire du lavage, prendre une douche et se faire un bon repas pour aller manger avec notre ami dans la cafétéria de l’hôpital. On a aussi fait un petit arrêt à la micro de Sept-Îles, La Compagnie, où on a rencontré Billy, le brasseur, qui nous a bien accueillis. La nuit sans moustique à l’auberge nous a faits le plus grand bien, on est donc repartis en direction de Franquelin où il y a avait un nouveau site sur le bord de la mer où rester. On a eu droit à un gazebo et à tout un spectacle marin devant nous. Les baleines et les oiseaux étaient si nombreux qu’on avait de la misère à le croire. Le soir venu on entendait encore les baleines et leur respiration près de notre site. Incroyable.

Notre dernier arrêt était là où on avait commencé, c’est-à-dire Tadoussac pour un autre spectacle : cette fois-ci c’était Bernard Adamus et Mon Doux Saigneur. Comme on n’a pas le droit de dormir en van aménagée dans la ville (on avait eu une exception à l’aller à cause du festival de la chanson), on a dû sortir notre tente et faire du camping pour les deux dernières nuits. C’était plein de nostalgie qu’on a rangé les lits et fait un peu de ménage dans nos affaires. On s’était habitué à cette mini maison improvisée déjà. 

Le spectacle de Bernard Adamus était super bon et des amis sont venus nous rejoindre pour le dernier soir. C’était un moment très agréable avec des gens formidables.

Merci Côte-Nord pour ce roadtrip merveilleux, on ne t’oubliera jamais.

-Nicholas le brasseur amoureux des chats

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